L'Appel de la Pompe à Feu


L'Appel de la Pompe à Feu

Ecriture et mise en scène Agathe L. THALAZAC

Musique de Paolo FURLANI

 

Pièce Lyrique en un acte

Hommage à Eric SATIE

 

Du 15 septembre au 31 octobre

Du mardi au samedi à 21H

 

 

AU SUDDEN THEATRE

14bis rue Sainte Isaure - 75018 Paris - Métro Jules Joffrin (12) ou Simplon (4)

Renseignements / Réservation : 01.42.62.35.00 / 0892 683 622

 

 

  • Froggy's Delight

Avec "L'appel de la pompe à feu", Agathe Thalazac, auteur, illustratrice, costumière et scénariste, a concocté, de l'écriture à la mise en scène en passant par la scénographie et les costumes, un spectacle qui se révèle singulier et à nul autre pareil, conçu à la fois comme un hommage au musicien Erik Satie et une immersion dans l'effervescence artistique et le bouillonnement métaphysique revisités des avant gardes du début du 20ème siècle, des surréalistes aux cubistes en passant par les fauves et les futuristes, de Dali à Picasso, de Picabia à Matisse.

A la manière des dadaistes, elle a jeté les noms et les univers de ceux qui ont contribué à ce foisonnement exceptionnel et, à ce jour, inégalé dans une étrange marmite cosmogonique qui a accouché d'une fantaisie lyrique débridée qui tient à la fois de l'opéra bouffe mettant en scène un Satierik halluciné, de la l'esthétique chorégraphique des Ballets russes, il y est question du fameux ballet "Relâche" mis en musique par Satie pour les ballets éponymes de Serge Diaghilev dont on fête le centenaire cette année, et de l'épopée ubuesque, avec les péripéties rencontrées pour monter ledit ballet.

Drolatique, burlesque et jubilatoire, la décoction alchimique est fort réussie pour ceux qui sont prêts à toutes les extravagances et à se délecter de jus de fuschia.

Alors, en avant toute, dans des décors qui évoquent le vocabulaire pictural et la palette chromatique de Sonia Delaunay et sur une partition de musique objective originale, aux réminiscences gymnopédiennes mais sans toutefois les pasticher, composée par Paolo Furlani et exécutée en direct par un délicieux quatuor, Stefano Bulfon, Louise Levend, Lise Schmitt et Fabien Lauer.

Emmenés par les remarquables Thomas Nucci et Eva Dumont, dans les rôles principaux de Satierik et de son égérie l'enchanteresse Isaure, les jeunes comédiens, presque tous issus de l'Ecole du Sudden, donnent vie à d’étranges personnages faunesques qui naviguent au gré d’une chorégraphie mécanicienne de boîte à musique pour retrouver le bonheur simple de s’émerveiller.

Ils forment une épatante troupe chorale et totalement investie dans cette aventure fantasque et passionnante qui rappelle, une fois encore et ce n'est jamais trop, qu'il faut croquer la vie à pleines dents et s'amuser pour leurrer la Belle Mort insatiable et toujours en embuscade.

MM


  • Pariscope

L'appel de la pompe à feu nous transporte cent ans en arrière, à l'époque où Serge Diaghilev créait les Ballets russes, un art nouveau et anticonformiste. Cette "pïèce lyrique de théâtre en un acte", écrite et mise en scène par Agathe Thalazac, procède d'une esthétique et d'une écriture dada, d'un art total : décor évoquant des peintures de Kandinsky, costumes loufoques, texte poétique et absurde, personnages évoluant sur une portée musicale. L'histoire ? Le bel Hercule, refusant de mettre en scène la pièce de Satierik, est menacé par La mort sur Pied. Ils sont entourés d'Isaure la muse, du poète Pierre Ponce et de deux troupes de danseurs. On apprécie sans tout comprendre, tant l'absurde domine, avec l'impression de vivre l'avant-garde artistique des années 1910. Étonnant et stimulant !

Julien Barret

 

  • La Croix

Une "Pompe à Feu" aux mille couleurs.

Chaleureuses et chatoyantes, les belles couleurs entremêlées des décors et costumes de l'Appel de la Pompe à Feu semblent échappées d'une toile de Kandinsky. Mises en valeur par les lumières d'Aurélien Escuriol, associées à un texte surréaliste et à la musique composée par Paolo Furlani, interprétée par quatre musiciens, elles plongent le spectateur dans un univers aux multiples facettes, proches d'un rêve délirant. Les répliques mi-jouées mi-chantées sont parfois "tirées par les cheveux" et l'histoire pas toujours compréhensible, mais l'essentiel n'est pas là! Fantaisie lyrique multipliant les références au musicien Eric Satie, l'Appel de la Pompe à Feu est un régal visuel, une féérie bariolée. La mise en scène d'Agathe Thalazac (auteur du texte, des décors et des costumes!) insuffle vie et dynamisme à ce récit étrange, qui voit se croiser une foule de personnages loufoques, campés par une dizaine d'acteurs. Mention spéciale à la comédienne Eva Dumont, excellente dans le rôle d'Isaure.

Julien Fournier


 

  • Les trois coups

FADA DADA

« Les couleurs et les sons se répondent. » L’intuition baudelairienne prend corps dans « l’Appel de la pompe à feu », écrit et mis en scène par Agathe Thalazac. Ce spectacle complet crée un univers de lumière et de mots, de chant et de danse, foisonnant de poésie et de légèreté. Ce pétulant moment de théâtre musical se veut un hommage à Érik Satie, et plonge dans l’univers chromatique de Kandinsky.

Certaines représentations vous laissent interdits de n’avoir pas bien saisi leur propos. C’est un peu le cas pour l’Appel de la pompe à feu, et c’est tant mieux. Je passe sur les détails de l’histoire qui fait se croiser la belle Éva Dumont, la terrifiante Katarina Apostolopoulou et le chevaleresque Thibault Pinson. À leurs côtés, l’austère Slimane Majdi et le créatif Thomas Nucci complètent cette troupe de comédiens-chanteurs, dont le jeu s’est installé au long des représentations.

L’essentiel n’est pas dans l’intrigue mais dans l’écriture. Hétéroclite, car Agathe Thalazac cueille les mots et les associe en un bouquet facétieux et lyrique, mêlant l’argot au français soutenu, multipliant les mots-valises, les calembours et les rimes improbables. Extravagante et ironique, car la pièce nous replonge dans la fantaisie du dadaïsme, ravivée par quelques allusions à ses artistes, dont Picabia. Cet opéra lyrique, écrit en 2001 en deux actes pour participer à un concours SACD, est enfin adapté (en un acte) au Sudden Théâtre et son texte vient d’être édité chez Karthala.

Formée aux Beaux-Arts, décoratrice, costumière, créatrice de bijoux et de cartons de tapisserie, Agathe Thalazac a dessiné un décor et des costumes aussi stimulants pour les sens qu’un jeu d’éveil (dans l’air flottent des nuages d’encens). Elle assume s’être inspirée de l’œuvre de Kandinsky, à qui Beaubourg vient de consacrer une exposition : ses traits sont spontanés, francs, alertes et gorgés de couleurs vives, où dominent les jaunes, les bleus et les rouges. À l’école de Kandinsky, le théâtre de Thalazac est avant tout pictural avant d’être représentatif.

À sa demande, le Vénitien Paolo Furlani s’est mis à l’école de Poulenc et Stravinsky pour composer une musique joyeuse et dissonante, interprétée par un quatuor de piano, clarinette, violoncelle et percussions et les deux chœurs des Sylphes et des Choristes hypocrites. Avec l’humour, omniprésent, sa musique se veut un hommage à Érik Satie. Comme Satie qui dessinait ses partitions et les agrémentait de traits d’esprit, Thalazac et Furlani soignent la forme tout autant que le fond. Ils se jouent des conventions, cultivent l’innocence enfantine. Cette explosion de joie est à conseiller à tous ceux qui ne se prennent pas au sérieux et ne se satisfont pas de la morosité automnale. Aussi délicieuse et colorée qu’un sucre d’orge.

 

Olivier Pradel

 

  • Criticomique.com

L’appel de la pompe à feu. Le non-sens apparent du titre est à l’image de la pièce d’Agathe Thalazac : délirante, fantaisiste, dada. C’est un hommage au musicien Erik Satie, à son époque avant-gardiste qu’a voulu rendre l’auteur, sans que ne soit directement reprise sa musique. Le compositeur Paolo Furlani, influencé par Stravinski et Poulenc, cherche à recréer cette ambiance début de siècle, dans la partition jouée par quatre musiciens au fond de la scène (clarinette, violoncelle, piano et percussions). L’histoire : Satierik a composé une pièce que refuse de mettre en scène le bel Hercule, au risque de se retrouver face à la Mort sur Pied ! L’atmosphère fait un peu penser à l’ambiance de Parade, ce ballet dont Satie fit la musique, Cocteau le texte, et Picasso les décors. Pour ponctuer leurs paroles souvent énigmatiques, les comédiens qui évoluent dans un décor influencé par Kandinsky se servent de petits instruments de musique. Certes, cette forme fantaisiste et colorée, inédite au début du vingtième siècle, semble aujourd’hui un peu vieillotte. Mais on n’est pas déçu d’assister à ce cabaret loufoque dont l’invention poétique rappelle les univers de Jean Cocteau ou Boris Vian...